27 fév. | LNI – Blonay

Une atmosphère hitchcockienne, des personnages cyniques et dérangés, des histoires complexes : autant de qualificatifs pour un match très agréable à suivre, même s’il y eut toutefois quelques bémols. En effet, le début du match laissait un goût amer au fond de la trachée des spectateurs venus nombreux, les équipes ayant de la peine à traiter correctement les thèmes de l’arbitre. Néanmoins, une fois le 2ème tiers entamé, les équipes en présence ont su nous étaler tout leur savoir-faire. Premier grand moment, cette improvisation à la manière du théâtre de boulevard aux allures de dédale kafkaïen. Une intrigue sous forme de puzzle morcelé dont le joueur blonaysan Boris Degex et son personnage d’une ambiguïté déconcertante nous livre les clés avec brio. Que dire encore de cette improvisation digne d’un « road movie » dans laquelle, bien épaulé par le Lausannois Hugo Musard, le jouteur Degex, véritable révélation de ce match, captiva la salle entière grâce à son interprétation d’un dément faisant preuve d’un sadisme extrême à pratiquer son art de boucher humain sur les routes peu fréquentées ? Le Divin Marquis s’en mordrait les doigts. A noter également la très belle prestation vocale du duo Olivia Hadorn / Brian Favre lors d’une impro chantée en fin de match. Déplorons peut-être malgré tout une relative rudesse de la part de certains joueurs de la LNI qui ont parfois eu de la peine à laisser parler leurs collègues. Au final, un spectacle riche en émotions et une équipe lausannoise qualifiée de justesse pour le carré d’As qu’elle n’a jamais manqué depuis sa création. Espérons que les protégés de Roger Sordet soient à la hauteur de l’événement…

Yannick Maury